Prendre en main la réduction et la gestion des résidus alimentaires : opportunités d’affaires et démarche exemplaire

Au Canada, 30 à 40% de la nourriture produite est perdu le long de la chaîne de valeur, un gaspillage de nourriture se chiffrant à environ 27 milliards de dollars par an qui représente autant d’opportunités manquées par les entreprises du secteur agroalimentaire pour réduire le gaspillage de nourriture et augmenter leurs profits tout en réduisant leur empreinte écologique.

Malgré certaines initiatives isolées (réduction des portions vendues, éducation des consommateurs sur les dates de péremption), le secteur agroalimentaire canadien n’a pas adopté de démarche commune. Une étude publiée par Provision Coalition, représentant l’industrie des aliments et des boissons, a établi les points chauds le long de la chaîne de valeur pour le gaspillage de nourriture et les acteurs qui peuvent contribuer à réduire le gaspillage à chaque stade. Cependant, elle révèle que « la plupart des entreprises ne connaissent ni la quantité de nourriture qu’elles gaspillent, ni ses vraies répercussions sur la rentabilité ».

Outre les actions qui sont à mener pour réduire le gaspillage alimentaire, les villes ne doivent pas passer à côté de l’opportunité offerte par le compostage et la biométhanisation permettant une remise en circulation de la matière comme nouvelle ressource.

A titre d’exemple, après avoir instauré l’obligation aux propriétaires des immeubles à logements multiples de fournir des services de compostage à leurs résidents, la municipalité de Seattle interdit depuis le 1er janvier 2015 aux résidents et commerces, quelle que soit leur activité, de jeter aux ordures nourriture et autres résidus alimentaires, dont papier et carton souillés (source).

Les sanctions, qui ne seront applicables qu’à partir de juillet 2015, seront d’1$/mois pour les résidents de maison unifamilial dont les poubelles détiennent plus de 10% de résidus alimentaire en volume et de 50$ pour les résidents de logement multifamilial et les commerces.

Suite à l’application de cette nouvelle directive, le service public de Seattle prévoit le détournement de 38 000 tonnes de résidus de l’enfouissement vers des sites de compostage, lui permettant de se rapprocher de son objectif de 60% de compostage des résidus d’ici 2015.

A Montréal, quelques arrondissements et villes liées offrent le service de collecte des résidus alimentaires à une partie de leur population. Pour que l’offre se généralise à l’ensemble de l’île et dans l’optique d’atteindre l’objectif défini dans la Politique québécoise de gestion des matières résiduelle du détournement de 100% des matières résiduelles organiques (MRO) de l'enfouissement d’ici 2020, il est indispensable que les 4 infrastructures de traitement projetées voient le jour rapidement.

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