Non, les arbres ne sont pas du mobilier urbain

C’est maintenant le printemps et progressivement le vert va prendre la place du blanc dans la ville. Malheureusement, comme chaque année, l’arrivée du printemps et la fonte de la neige met au grand jour les dégâts des déneigeuses, les amoncellements de déchets au pied des arbres et souligne comment la vie des arbres urbains est difficile.

Les arbres sont encore trop souvent considérés comme du mobilier urbain au même titre qu’un banc ou un support à vélo. Et pourtant, ce sont des organismes vivants qui demandent des soins, de l’entretien et des conditions optimales pour leur croissance. Il ne suffit pas de planter un jeune arbre, il faut s’assurer qu’il atteigne sa maturité et qu’il apporte alors le plus de bénéfices à la collectivité. L’arbre a un rôle clé dans l’adaptation au changement climatique et la résilience de nos villes : réduction des îlots de chaleur urbains, gestion durable des eaux pluviales, habitat pour la biodiversité. La Fondation David Suzuki a publié un rapport en 2018 dans lequel l’apport des arbres publics urbains (environ 400 000 arbres) pour la prévention des inondations, la conservation de la biodiversité, la lutte aux îlots de chaleur et la régulation du carbone est évalué à 4 M$ / an.

Un changement dans les pratiques est nécessaire afin d’assurer plus de diversité dans les projets, des fosses de plantation plus grandes et connectées entre elles, des mesures de gestion des eaux pluviales. Les projets de réfection de rues sont des occasions idéales dans ce sens mais il est encore trop fréquent dans les présentations de projets de voir une rangée uniforme d’arbres d’une même espèce. Comme si nous n’avions pas retenu la leçon de l’agrile du frêne. Or, avec l’intensification des échanges commerciaux mondiaux, le prochain insecte ravageur est peut-être à nos portes. Pensons aux ravages que pourrait causer le longicorne asiatique, cet insecte friand d’érables et d’autres feuillus comme les bouleaux, les saules.

La sensibilisation de la population est aussi primordiale afin de rappeler les gestes à faire (planter un arbre sur son terrain : unarbrepourmonquartier.org) et à ne pas faire (comme attacher son vélo à un tronc ou prendre le pied de l’arbre pour un cendrier) et de faire prendre conscience de l’importance de l’arbre dans l’amélioration de nos milieux de vie. Car, c’est souvent quand il n’est plus là qu’on se rend compte des bienfaits que l’arbre nous apportait.

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