Avenir des golfs : entre espoir et inquiétudes

Le 19 avril dernier, le conseil municipal de la Ville de Montréal a adopté une déclaration afin de souligner l’importance des golfs dans la protection d’espaces verts et la nécessité de maintenir leur vocation actuelle. Étant engagé depuis de nombreuses années dans la protection des golfs et travaillant avec de nombreux partenaires afin de favoriser leur intégration dans la trame verte, le CRE-Montréal ne peut que saluer cette prise de position officielle. Malheureusement, la déclaration n’a pas été adoptée à l’unanimité. L’absence de consensus sur la question des golfs soulève son lot de craintes et d’inquiétudes pour l’avenir de ces terrains présents tant dans l’est que l’ouest de l’île de Montréal.

Deux golfs sont plus spécifiquement concernés par la déclaration : le terrain du Club de Golf Métropolitain Anjou et le golf de Dorval.

Concernant le terrain du Club de Golf Métropolitain Anjou, la déclaration confirme le maintien de l’affectation « Grand espace vert ou récréation » de cet espace adjacent au parc-nature du Bois-d’Anjou. Nous nous réjouissons de cette prise de position qui fait écho à la mobilisation de la société civile suite aux demandes de modification de l’affectation par l’arrondissement d’Anjou. Malheureusement, le fait que plusieurs élus aient marqué leur dissidence spécifiquement sur ce point de la déclaration laisse planer de sérieuses inquiétudes sur l’avenir que pourrait connaître ce terrain.

Concernant le golf de Dorval, la déclaration lance un appel à la collaboration du gouvernement du Canada, propriétaire du terrain, afin de protéger le golf et en faire un projet de conservation d’envergure. La superficie du golf de Dorval, les habitats fauniques qu’il renferme et sa localisation avantageuse du point de vue de la conservation (voisin direct d’autres aires protégées de plus petites superficies) offrent en effet une opportunité à saisir pour consolider le projet de parc-nature des Sources. Le golf de Dorval présente un fort potentiel d’aménagement à des fins récréatives, d’accès à la nature et de conservation. 

Il contribue déjà, avec ses bosquets, ses plans d’eau et ses espaces ouverts, à la remarquable biodiversité du secteur. À proximité du golf se trouve également l’habitat essentiel du Petit blongios, une espèce désignée menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril et considérée comme vulnérable au Québec. La protection de cet habitat essentiel implique selon nous de maintenir une zone tampon tout autour – ce que permettrait la conversion du golf en parc écologique de plus de 140 ha. Dans cette perspective, nous invitons vivement la Ville de Montréal et le gouvernement du Canada à amorcer ce dialogue en vue de concrétiser ce projet ambitieux de conservation et répondre ainsi de façon concrète à la volonté exprimée dans le dernier discours du Trône de créer de nouveaux parcs urbains.

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