Contrat de ville : dernière chance de sauver les rares et derniers espaces verts de l’Île

Montréal, le 16 janvier 2003- Le budget de la Ville adopté en décembre 2002 ne réserve que quelques miettes à l’acquisition d’espaces verts soit 1,5 millions de dollars pour les trois prochaines années. Rien ne serait prévu au Contrat de ville pour combler cette lacune.

Québec doit participer au financement

La Coalition Verte et le CRE-Montréal ont appris de source sûre que le Contrat dans sa forme actuelle n’accorde pas d’argent pour l’achat des derniers grands espaces verts encore naturels sur le territoire de l’île de Montréal. Les porte-parole de ces deux groupes environnementaux veulent rencontrer le ministre André Boisclair pour le sensibiliser à la situation désespérée dans laquelle se retrouvent les espaces verts non protégés à Montréal. Ils désirent le convaincre qu’il est essentiel que Québec investisse de façon substantielle en association avec les fonds provenant de la Ville de Montréal et les fonds privés. Une lettre demandant une rencontre urgente avait déjà été envoyée au ministre en juin 2002 par la Coalition Verte.

Québec doit aider à la mise en place de mécanismes de financement privé

Les porte-parole demandent également l’aide du gouvernement dans la mise en place de méthodes de financement pour l’achat de ces derniers grands espaces naturels de l’île s’inspirant de modèles en vigueur ailleurs, notamment aux États-Unis, comme les Land Trusts, les Green Conservation Bonds, ou encore, le Loto vert, afin de faciliter les levées de fonds privés. Ces fonds pourraient venir compléter les investissements publics.

Les espaces verts montréalais disparaissent

De récentes études provenant du ministère de monsieur Boisclair démontrent que les derniers espaces verts naturels de Montréal sont menacés. Selon ces statistiques, les espaces verts disparaissent à une vitesse alarmante. Entre 1986 et 1994, 50% des boisés de Montréal ont été coupés; entre 1994 et 2001, 567 hectares ont été perdus au profit de projets de développement, et cela continue. La plupart des espaces verts, dont le zonage permet le développement, appartiennent à des promoteurs privés. Au rythme actuel, tout aura disparu d’ici 10 ou 15 ans.
Seulement 3.8% du territoire montréalais a le statut d’aires protégées alors que les normes internationale et québécoise sont de 8%. Or, des études montrent que la portion encore non développée de la métropole comprenant des sites écologiques de valeur représente la dernière opportunité de combler cet écart.

C’est maintenant ou jamais

Si Québec et Montréal n’investissent pas maintenant les dollars suffisants pour les espaces verts dans le Contrat de Ville, il sera trop tard dans cinq ans, au moment de la renégociation du Contrat, pour la plupart de ces sites écologiques de grande valeur qui auront alors été définitivement perdus pour la collectivité.

Pas d’argent de Québec pour les espaces verts en 1989

Il y a quelques années, un lobbying important de certains membres de la Coalition Verte a permis de persuader l’ancienne Communauté urbaine de Montréal d’adopter en 1989 un programme d’acquisition d’espaces verts de 200 millions de dollars. Ce programme a pris fin quand le moratoire a été imposé en 1992. Or, seulement la moitié du budget, soit 100 millions de dollars, avait été dépensé et plusieurs sites importants sont donc demeurés sans protection. Le nouveau programme pour les espaces verts de Montréal demandera un investissement équivalent en tenant compte de la dévaluation survenue depuis 1992. Pas un mètre carré n’a été protégé depuis 10 ans. Pendant ce temps-là nos élus tergiversent.

À peine 12,5 millions ont été investis par Québec pour l’acquisition de nouveaux espaces verts contre plus de 100 millions par la CUM entre 1979 et 1992.

Après avoir tardé, le gouvernement Québécois a finalement accordé les pouvoirs légaux à la CUM pour acquérir et gérer les parcs-nature en 1979. Bien d'autres villes nord-américaines avaient déjà depuis longtemps entamé des actions de conservation. La CUM a fait des efforts notables, investissant en acquisitions et en travaux d’aménagement près de 200 millions de dollars entre 1979 et 1992 pour créer 9 parcs-nature (1,386 hectares). Le montant total accordé par Québec pour ce programme ne s’élevait qu’à 12,5 millions de dollars, une contribution dérisoire.

Le gouvernement québécois a une dette importante envers les générations présentes et futures montréalaises ; il doit investir dans l’acquisition des derniers sites composant l’héritage vert de la nouvelle ville. La Ville de Montréal et le gouvernement du Québec doivent poser dès maintenant un geste concret pour protéger les espaces verts montréalais en fournissant les sommes nécessaires dans le Contrat de ville qui s’en vient.

-30-

Information :
Coalition Verte : David Fletcher 683-7864 et Sylvia Oljemark 332-9146
CRE-Montréal : Robert Perreault et Coralie Deny 842-2890