Plan de gestion des matières résiduelles de la CMM : UN STATU QUO DÉCEVANT

Montréal, le 18 septembre 2003- C’est un document très décevant. Un plan plus virtuel que réel. La perpétuation du statu quo; bref, on va perdre encore au moins cinq ans alors que nous sommes déjà très en retard dans la gestion de nos déchets. C’est en ces termes que le directeur du Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) a commenté la divulgation du Plan de gestion des matières résiduelles rendu public aujourd’hui par la Communauté métropolitaine de Montréal.

Pour le CRE, il ne s’agit pas d’un véritable plan, avec des échéanciers rigoureux, des moyens précis et surtout des obligations de résultats. Certes le document de la CMM recense les données brutes, donne des statistiques, aborde plusieurs enjeux de la gestion des déchets, indique des dates possibles; cela, c’est le décor en trompe-l’œil. Mais si on va davantage en profondeur, on constate vite que, mis à part quelques mesures limitées, il laisse dans les faits les municipalités libres de perpétuer le statu quo pour encore plusieurs années, selon l’organisme environnemental.

Ainsi, rien n’empêchera par exemple la Ville de Montréal qui compte pour 50% de tous les déchets produits par la CMM de renouveler cet automne, l’an prochain et les années subséquentes les contrats d’enfouissement actuels sans rien y changer. Presqu’une trentaine de ces contrats viennent justement d’être renouvelés et plus de 45 autres devront l’être en 2004. Or si l’on continue comme avant, si rien ne change rapidement, on n’aura pas le choix que d’autoriser l’agrandissement des sites d’enfouissement. D’ailleurs, les Signataires du rebut global, dont fait partie le CRE-Montréal, ont déjà signalé cette anomalie au ministre de l’environnement du Québec, M.Thomas Mulcair, pour qu’il intervienne, évitant ainsi le sabotage de la politique de son propre ministère.

La CMM ne semble pas du tout pro-active dans ce dossier et rechigne visiblement à faire preuve de réel leadership. Bref, on risque de se retrouver dans cinq ans au même point de départ et l’on aura perdu toutes ces années, selon le directeur du CRE, Robert Perreault. L’organisme s’interroge également sur la portée de la consultation publique prévue en octobre et novembre de cette année puisque le report de cinq ans des obligations des villes de la CMM devient de fait l’enjeu principal : les moyens et les échéanciers pour l’atteinte des objectifs de la politique étant laissés à la discrétion de chacune des municipalités, Comment sera-t-il possible de juger dans ce contexte de la pertinence et de l’efficacité du plan proposé lors de la consultation qui commence? de s’interroger l’organisme.

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Pour information :
Robert Perreault
CRE-Montréal 842-2890 poste 222