Coupures budgétaires dans le projet de la ligne bleue : la mobilité durable est un investissement, pas un luxe

Montréal le 28 juin 2021 - Selon des informations publiées le 26 juin dans le journal La Presse, le comité d’experts mandaté par le gouvernement du Québec afin de faire baisser la facture du projet de prolongement de la ligne bleue a remis ses recommandations. Tout en saluant le processus d’optimisation du projet et le maintien des 5 stations, le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) appelle toutes les parties prenantes à ne pas pénaliser la qualité des aménagements et le confort des usagers en raison d’un processus d’expropriation défaillant.

Station Anjou - ne pas oublier les cyclistes

Au chapitre des bons coups, le déplacement de la station Anjou sous l’autoroute 25 est une solution prometteuse pour minimiser les expropriations, en plus d’offrir un accès aux résidents de l’est d’Anjou. Cette nouvelle dimension au projet mérite d’être pleinement appréciée.

En effet, selon des travaux réalisés ce printemps pour le CRE-Montréal, ce secteur précis est celui qui bénéficierait le plus d’une nouvelle infrastructure de franchissement autoroutier sur toute l'île de Montréal. Parmi plus d’une trentaine de sites étudiés, la traversée de l’A-25 à la hauteur des Galeries d’Anjou est celle qui permettrait le plus d’améliorer l’accès à pied et à vélo, au plus grand nombre de Montréalais et de Montréalaises.

Cependant, le rôle de ce passage ne saurait être rempli par un passage piétonnier seulement. En raison des grandes distances à parcourir pour rallier le secteur résidentiel de l’Est et le pôle de services et d'emploi à l’Ouest, le vélo est le mode de transport actif le plus approprié. Afin de pleinement capitaliser sur cette nouvelle infrastructure, un tunnel accessible pour les cyclistes est donc à envisager. Ce lien étant à juste titre déjà prévu dans le plan vélo de la ville de Montréal, il serait judicieux de profiter de cette occasion qui ne se représentera pas et d’y consacrer les sommes nécessaires maintenant.

Assurer le confort et l'accès universel

Une des mesures citées dans l’article est de réduire le nombre d’édicules et d’ascenseurs dans les nouvelles stations. Cette proposition nous apparait être en contradiction avec les nombreux engagements du gouvernement du Québec, de l’ARTM et de la ville de Montréal quant à la promotion du transport actif, l’accessibilité universelle et la Vision zéro. En effet, une station à plusieurs édicules est nettement supérieure en efficacité, en confort et en sécurité car elle évite la traversée de rues artérielles aux nombreux piétons et cyclistes souhaitant accéder au métro. Que chaque édicule soit doté d’un ascenseur est aussi une attente légitime des usagers, et à plus forte raison dans un contexte de vieillissement de la population. Ces coûts ne sont pas un luxe afin de maximiser la conversion d’automobilistes au transport en commun. Il s’agit d’un investissement dans la réussite économique, sociale et environnementale de la ville.

Investir en ville pour la qualité de vie, la mobilité durable et les finances publiques

La densification et l’amélioration de la qualité de vie en ville sont intimement liées à la santé des finances publiques. Un meilleur développement de la ville qui limite l’étalement urbain représente des milliards en économies en infrastructures d’éducation, de transport et de santé en région. Les investissements dans un système de transport durable et efficace dans un secteur de la ville susceptible de complètement être transformé sont donc doublement profitables. Le CRE-Montréal appelle donc le gouvernement et les autres parties prenantes à limiter les coupures budgétaires aux dépenses qui ne portent pas atteinte à la valeur de l’infrastructure, et à continuer d’optimiser le projet pour en maximiser les retombées positives sur la mobilité et la ville.

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A propos du Conseil régional de l’environnement de Montréal

Le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) est un organisme de bienfaisance indépendant, consacré à la protection de l’environnement et à la promotion du développement durable sur l’île de Montréal depuis 1996. Par le regroupement et la concertation de ses membres, par ses activités de sensibilisation, de représentation publique et ses différents projets-action, il contribue à l’amélioration de la qualité des milieux de vie et de l’équité sociale sur l’île de Montréal. www.cremtl.org

Pour plus de renseignements

Blaise Rémillard
Responsable transport et urbanisme
CRE-Montréal
bremillard@cremtl.org
514-880-4997

Pour obtenir le rapport complet (en anglais), merci de contacter Blaise Rémillard

https://cremtl.org/actualites/2021/mobilite-active-voir-dela-barrieres-ferroviaires-autoroutieres