Changements climatiques et biodiversité : des attentes élevées pour le nouveau gouvernement

Les urnes ont rendu leur verdict ce lundi 3 octobre. Les 125 député-es qui vont siéger à l’Assemblée nationale au cours des quatre prochaines années sont maintenant connu-­es. Nous tenons avant tout à féliciter le nouveau gouvernement de François Legault ainsi que l’ensemble des élu.es du Québec. Nous en profitons pour leur lancer un appel à travailler collectivement, sans partisanerie, afin d'accélérer la transition socio-écologique au cours de ce mandat qui débute. 

Les défis environnementaux sont immenses. Réduction des émissions de gaz à effet de serre, adaptation aux changements climatiques, protection de la biodiversité, les quatre années à venir seront cruciales si l’on veut donner le coup de barre majeur requis afin d’atteindre les cibles du Québec et idéalement les dépasser. Les récents rapports internationaux du GIEC et de l’IPBES sont sans équivoque, la fenêtre d’action afin de limiter au maximum les impacts des changements climatiques et freiner la perte de biodiversité se rétrécit d’année en année et le point de non-retour est très proche. 

L’adaptation, absente des débats des chefs et très peu présente lors de la campagne, devra occuper une place centrale dans les stratégies et les décisions gouvernementales. On l’a encore récemment constaté avec l’épisode de pluies intenses qu’a connu Montréal le 14 septembre, nos milieux de vie ne sont pas prêts à subir les impacts des changements climatiques et des transformations majeures sont à opérer rapidement afin de renforcer leur résilience. 

À l’échelle du Québec, nous attendons, comme beaucoup d’autres organisations, le futur plan d’action de la Politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire (PNAAT). Ce plan d’action devra être ambitieux et s’accompagner des budgets nécessaires à la mise en œuvre afin de concrétiser la vision dévoilée avant l’été.

En matière de biodiversité et de protection des milieux naturels, le gouvernement devra également faire preuve d’exemplarité et d’audace alors que la COP15 se déroulera très prochainement à Montréal. Que ce soit par les leviers législatifs (révision de la loi sur l’expropriation), fiscaux (écofiscalité) ou par des programmes de subvention à la hauteur des enjeux (entre autres pour la consolidation de la trame verte et bleue), le gouvernement a un rôle clé à jouer, en collaboration avec le gouvernement du Canada et les municipalités. 

Enfin, il serait trop long de faire la liste exhaustive des projets à suivre sur l’île de Montréal, dans lesquels le gouvernement du Québec a et aura un rôle majeur : nouvelle version du REM de l’est, prolongement du boulevard Assomption, dalle-parc Turcot, la mise en oeuvre de la Politique de mobilité durable 2030, réforme du financement des transports terrestres, ce ne sont là que quelques-uns des dossiers montréalais des prochains mois que nous suivrons avec beaucoup d’intérêt.  

Le Conseil régional de l’environnement de Montréal sera à la fois un allié du gouvernement afin d'accélérer les changements tout en veillant à la cohérence des décisions et des choix d’aménagement en regard des objectifs climatiques, de protection de la biodiversité et d’amélioration de la qualité des milieux de vie.