Moins de GES et plus d'économies en amont qu'en aval

Le 21 octobre dernier, M. Jeffrey Morris, Ph.D. Économie, directeur de Sound Resource Management, une firme de recherche spécialisée en économie et en environnement (Olympia, WA), présentait, dans le cadre d’une vidéo conférence organisée par le CRE, son point de vue sur l’orientation à prendre concernant la gestion des matières résiduelles municipales.

Sa présentation visait à faire la démonstration chiffrée en se basant sur l’analyse du cycle de vie, que les filières de recyclage et de compostage sont nettement plus intéressantes que celles de l’élimination, y compris les procédés thermiques, d’un point de vue énergétique, de réduction des gaz à effet de serre (GES) et des émissions de  polluants.

Un exemple qui en dit long : un ménage qui recyclerait et composterait au maximum les matières résiduelles, diminuerait sa production de GES de la même façon que s’il arrêtait de conduire sa voiture.

L’analyse de cycle de vie du Dr Morris est basée sur les critères suivants :

  • Changement climatique
  • Santé publique – émission de particules
  • Santé publique – émission de produits toxiques
  • Santé publique – Émission de produits cancérigènes
  • Acidification
  • Eutrophisation
  • Toxicité pour les écosystèmes
  • Diminution de la couche d’Ozone
  • Smog
  • Perturbation des habitats
  • Diminution de la biodiversité
  • Dégradation des services rendus par les écosystèmes
  • Diminution des ressources

Les diagrammes de son étude sont éloquents : le recyclage et le compostage arrivent toujours en tête pour tous ces critères. Le bon sens nous porterait d’emblée à le croire et la hiérarchie des 3RV est là pour le confirmer. Mais dans le contexte actuel où des techniques d’élimination avec valorisation thermique tentent de s’imposer comme LA solution à la gestion des matières résiduelles, l’étude de J. Morris vient mettre des chiffres pour appuyer cette position. En attribuant une valeur économique à ces critères, le recyclage et le compostage apparaissent aussi très intéressant d’un point de vue financier.

Autre argument en faveur du recyclage : les valeurs des matières recyclées sur le marché ne cessent d’augmenter depuis une décennie. Ajoutons que pour Montréal, un autre avantage financier important existe : à partir de janvier 2009, l’Agglomération ne payera plus un sou pour le traitement des matières recyclables qui sont envoyées sur le site du Groupe TIRU.

Selon le Dr Morris, pour avoir du bon compost, il faut trier à la source et donc faire la collecte à 3 voies. Pour adopter une véritable gestion responsable des matières résiduelles, il est nécessaire de maximiser le détournement de l’élimination par la réduction à la source, le recyclage et le compostage. Selon lui, tendre vers «zéro–déchet» devrait être l’objectif à atteindre !

Jeffrey Morris a piloté des études de coûts-bénéfices économiques et environnementaux sur les systèmes de gestion des matières résiduelles, au niveau municipal, des états américains et provincial clients, incluant le WA Department of Ecology, MA Department of Environmental Protection, Ontario Ministry of the Environment, Seattle Public Utilities, New York City, San Francisco, Vancouver (BC), and Halifax (NS). Le Dr Morris a récemment développé le Morris Environmental Benefits Calculator (MEBCalc) pour estimer la valeur monétaire des bénéfices environnementaux du recyclage et du compostage. Ce modèle est actuellement utilisé au Canada et aux États-Unis. 

Vous pouvez consulter la présentation du Dr Morris