Avis du CRE-Montréal présenté dans le cadre du processus de consultation publique au sujet des projets PP27-0280, PP27-0281 et PP27-0282

Le CRE-Montréal constate que le cadre réglementaire et légal actuel ne fournit présentement aux élus et aux fonctionnaires municipaux qu’un éventail limité de leviers pour protéger les milieux naturels urbains, plus particulièrement les terrains privés végétalisés comme les boisés Beni Hana et de Marseille dans le secteur Assomption Nord. En dépit du fait que ces milieux naturels soient dans plusieurs cas composés d’une végétation arborescente, qu’ils contribuent à la biodiversité urbaine et renforcent la connectivité écologique dans le paysage fragmenté de la ville, qu’ils soient assez grands pour être aménagés en parcs, et qu’ils prodiguent gratuitement de nombreux et précieux services écologiques, il n’en demeure pas moins que les terrains sur lesquels ils se trouvent sont convoités pour le développement immobilier et que c’est cette vocation qui, le plus souvent, l’emporte.

Dans le dossier des boisés de l’Assomption Nord, les élus et les fonctionnaires de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve ont exprimé leur difficulté à les préserver dans leur intégralité. Nous avons entendu la déception du maire Lessard-Blais, exprimée le soir du 24 octobre en assemblée publique. Nous comprenons que le contexte pose des obstacles à la réalisation des intentions de préservation des boisés partagées par nous tous.

Pour nous qui sommes intervenus pour préserver le Jardin Domtar, le Jardin Notman, le boisé McConnell et d’autres espaces boisés privés menacés par la pression immobilière, nous percevons dans le dossier des boisés de l’Assomption Nord une variation sur un thème connu. Dans l’Assomption Nord, nous ne sommes pas dans un rapport d’opposition entre des intérêts privés et une vision de développement durable. Au contraire, l’arrondissement, la Ville, le promoteur immobilier et les représentants du logement social sont engagés dans des échanges fructueux empreints d’ouverture, et la perspective que dessine cette dynamique est réjouissante au plan de l’inclusion sociale; cependant, le sort des boisés l’est beaucoup moins.

Ceci dit, nous voulons croire qu’il est encore possible de préserver les boisés dans leur intégralité et lançons un appel à tous pour collaborer en ce sens. La vision de développement urbain incarnée dans le PPU Assomption Nord est bonne, mais nous osons croire qu’il n’est pas trop tard pour faire encore mieux en réconciliant l’objectif de création d’un quartier inclusif avec celui de la préservation des boisés, pour créer un milieu de vie de grande qualité pour les 4400 résidents et 1600 travailleurs attendus, et un quartier encore plus résilient face aux changements climatiques.

En effet, nous voyons dans le présent dossier une occasion en or pour faire preuve d’imagination, nous dépasser, innover et peut-être même créer un précédent qui puisse influencer la façon dont on pensera l’urbanisme à l’avenir, en s’assurant de réserver une place de choix aux espaces boisés dans le développement de quartiers résilients à Montréal, incluant les boisés sur terrains privés.
Avant de présenter quelques remarques sur la valeur des boisés Beni Hana et de Marseille et quelques pistes à explorer pour dépasser les contraintes actuellement perçues, nous souhaitons d’abord revenir brièvement sur notre implication dans ce dossier.