Brébeuf : OUI à la piste cyclable sécurisée, OUI à la conservation du trottoir et OUI à la réflexion de la gestion du stationnement dans le quartier pour des solutions plus durables

Le dossier de l’aménagement d’une portion de la rue Brébeuf pour sécuriser la piste cyclable prend actuellement la mauvaise piste. Il ne devrait pas être question de léser des usagers d’un mode de transport actif pour un autre, bien au contraire. Rappelons certains points :

  • l'Intégrité des parcs doit être préservée à tout prix : la tendance depuis des décennies est de voir les parcs comme de «potentiels espaces à développer». Nous pourrions citer une longue liste de projets tous plus «justifiés» les uns que les autres qui amenaient à vouloir gruger un peu dans un espace vert public.
  • les parcs sont des lieux de détente en premier et peuvent, si les piétons et cyclistes le désirent, devenir un lieu de parcours pour une destination, parce que c'est plus agréable. Toutefois, cela ne remplace, ni la rue (pour les cyclistes), ni une piste cyclable, ni un trottoir pour les piétons : parce que les déneigeuses n'y passent pas, parce que le sol est plus mouillé quand il pleut (les sentiers qui sont en poussière de roche plutôt que de l'asphalte contribuent à la percolation des eaux de pluie dans le sol et c'est moins de bitume) et parce que souvent les sentiers ne vont pas en ligne droite. Passer par un parc est une expérience «nature» qui vient avec quelques contraintes par rapport à un trottoir : moins pratiques pour les poussettes, les personnes handicapées, les chaussures de ville et les rendez-vous urgents.
  • Les trottoirs sont aux piétons ce que les pistes cyclables sont aux cyclistes et que la rue est aux voitures et aux cyclistes. Or, il manque encore à bien des endroits à Montréal des trottoirs. Sur le Plateau, on se trouve dans un quartier très dense où l'on marche beaucoup. Il serait totalement incohérent avec les volontés et les tendances qui s’expriment toujours plus d’y faire disparaître le trottoir utilisable en tout temps par des piétons ou de le rétrécir en dessous de sa largeur minimale.
  • le trottoir ne peut être mis en opposition avec la piste cyclable. II faut au contraire être solidaire de cette vision d'une ville marchable et cyclable, deux modes de transport actif complémentaires.
  • le fond du problème de ce dossier est le stationnement : la résolution passera par le stationnement et non la négociation entre pas de trottoir ou un trottoir rétréci. Il faut des données pour montrer les vrais besoins en stationnement et les pistes de solutions.
  • Il est temps de regarder les possibilités de stationnements étagés ou souterrains en milieu densément bâti. Il faut étudier ce que le quartier, dans ce cas précis, offrirait pour cela. Imaginons un stationnement étagé (plusieurs centaines de places) qui permettrait d’y garer des voitures qui étaient sur rue et ainsi de récupérer, pourquoi pas, un coté de chaque petite rue du quartier pour agrandissement de trottoir et piste cyclable. Les avantages pour les résidents seraient multiples : pas besoin de déplacer le véhicule quand vient le nettoyage de rue, le déneigement, etc.

Ce dossier indique clairement le besoin d’une vision plus précise de la situation et surtout plus globale, qui sort du regard technique des centimètres à prendre à droite ou à gauche et du statu quo quant à la place des voitures stationnées sur rue.

Mots-clés: 
Google plus LinkedIn Twitter print