Retour sur la conférence Stationnement : Voldemort de la mobilité

Le 3 décembre dernier, le CRE-Montréal participait au panel Stationnement : Voldemort de la mobilité coorganisé avec Coop Carbone, Équiterre et la Maison du développement durable. Ce moment fut l’occasion de présenter un état des lieux du stationnement sur le domaine public à Montréal, et de proposer des pistes d’actions concrètes sur sa gestion et son aménagement.

Dans l’agglomération montréalaise, les espaces de stationnement occupent près de 20 % de l’espace de nos rues, et se positionnent comme le moyen le moins efficace de nous déplacer. À Montréal, on compte autour de 500 000 places de stationnement sur rue (Politique de stationnement, Ville de Montréal), dont seulement 10 % sont tarifées via des parcomètres et des vignettes (Chaire Mobilité, Polytechnique Montréal).

De plus, en heure de pointe, on constate un déséquilibre important entre les places de stationnement qui sont allouées à la circulation des automobiles, jusqu’à 30 000, et celles qui sont allouées au transport collectif, environ 4 000, dans les arrondissements centraux. Autrement dit, il y a 7,5 fois plus d’espace qui est libéré pour les automobiles que pour le transport collectif (Chaire Mobilité, Polytechnique Montréal).

Au même titre que l’ajout de voies de circulation, l’ajout de stationnement coûte cher à la société, occupe une part importante de l’espace public (qui est en réalité privatisé pour y stocker des véhicules), et encourage toujours plus la possession et l’utilisation de l’automobile, ce qui revient à poursuivre d’investir dans le problème.

Durant le panel, le CRE-Montréal a mis de l’avant des actions porteuses pour agir efficacement sur le stationnement :

  • la réduction du nombre de stationnements sur l’espace public au profit d’aménagement pour la mobilité durable et le verdissement
  • la tarification de l’ensemble des cases de stationnement comme l’a récemment annoncé l’arrondissement d’Outremont et le réinvestissement dans l’aménagement de mesures d’adaptation aux changements climatiques
  • la mise en place d’une tarification écofiscale sur les véhicules les plus polluants, comme l’ont annoncé les arrondissements Le Plateau-Mont-Royal, de Mercier--Hochelaga-Maisonneuve et d’Ahuntsic-Cartierville
  • le retrait de tous les freins au développement des alternatives à l’autosolo telles que l’autopartage et le covoiturage et leur mise en valeur sur l’espace public
  • l’opportunité d’une gestion et optimisation intégrée avec les grands stationnements privés (entreprises, épiceries, centres d’achats…)
  • un volet communicationnel fort accompagnant ces changements et leurs bénéfices, en particulier dans l’aménagement de l’espace public afin d’en assurer l’acceptabilité sociale.

Si nous souhaitons atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre dans le domaine du transport, augmenter la capacité de mobilité des personnes et la sécurité dans nos rues, nous devons revoir impérativement notre vision de gestion du stationnement sur le domaine public.

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