Destination mobilité durable dans les pointes de l'Île : une volonté partagée de passer à l’action

Et si les enjeux de mobilité durable de Montréal ne se réglaient pas uniquement dans les quartiers centraux, mais également dans les arrondissements et villes situés aux extrémités de l’île de Montréal? En effet, ces vastes territoires, développés sur le modèle de la banlieue américaine et reposant sur la voiture personnelle (et de plus en plus sur le camion léger personnel), concourent à leurs parts de congestion et d’émissions de gaz à effet de serre.

Qu’à cela ne tienne, pour peu qu’on y développe les bonnes stratégies, il est tout à fait possible de relever les défis de l’urgence climatique et de la mobilité durable sur l'ensemble du territoire. Les deux derniers événements de la campagne J’embarque! Les rendez-vous de la mobilité durable ont d’ailleurs démontré que les acteurs locaux sont déjà à l'œuvre. La participation massive témoigne aussi de tout l’intérêt que suscitent les enjeux de mobilité durable dans ces secteurs de la métropole. 

Nous vous présentons quelques éléments principaux qui ont émergé des échanges et des présentations lors des deux événements.

Des enjeux importants : 

  • Une trame de rue organique dans l’Ouest et des barrières autoroutières et ferroviaires peu propices au transport actif et collectif
  • La prédominance de l'automobile avec des part modales en pointe du matin de 61 % (Est) et 68 % (Ouest) 
  • Une densité de logement faible comprenant principalement des unifamiliales
  • Un taux de motorisation parmi les plus élevé de la région montréalaise avec 1,22 (Est) et 1,43 (Ouest) voitures par ménage
  • Un réseau de transport actif parfois discontinu et desservant généralement mal les pôles d’emplois

Mais, surtout des solutions et des occasions à saisir : 

  • Le développement de modes structurants est essentiel afin d'opérer un transfert modal pour les déplacements pendulaires de l’auto au transport en commun. Le REM qui sera mis en fonction dans l’Ouest offre de nouvelles opportunités moyennant une refonte du réseau d’autobus ainsi que les bonnes infrastructures piétonnes et cyclables afin de desservir adéquatement le premier et le dernier kilomètre.
  • Le futur mode structurant de l’Est est tout aussi essentiel. Il devra relever les défis de l’intégration aux milieux de vie tout en offrant un lien express vers le centre-ville, en plus des défis du premier et du dernier kilomètre comme dans l’Ouest. 
  • À la clé, ces modes structurants offrent la chance de densifier certaines parties du territoire sur le modèle TOD. Dans l’Est, il est aussi intrinsèquement lié au redéveloppement du Secteur industriel de la Pointe-de-l’Île (SIPI), afin de pourvoir les entreprises en employés et les développements résidentiels en habitants sans ajouter aux enjeux de congestion qui minent déjà la performance économique de la région. 
  • Une attention particulière doit aussi être portée aux déplacements des piétons et des cyclistes. La continuité des réseaux et la desserte des générateurs de déplacement, même dans les zones industrielles, sont des incontournables.  
  • Une révision des trop rares infrastructures de franchissement des autoroutes et voies ferrées est aussi critique afin d’offrir des transports actifs et collectifs sécuritaires et performants. Il est grand temps de cesser de reconstruire à l'identique et sans doute le temps d’envisager d’en construire de nouvelles. Ces infrastructures qui ont souvent été bâties aux milieux de champs doivent aujourd’hui répondre aux besoins d’une population en augmentation, d’une activité économique soutenue et de l’urgence climatique.

Le webinaire West Island : destination mobilité durable peut être vu et revu ici: https://youtu.be/mZShRcMPmgw. L’événement des acteurs de la mobilité et de l’aménagement À l’est de l’A-25 fera l’objet d’un rapport plus détaillé publié au courant de l’automne.

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