Royalmount 2.0 : un projet qui reste inacceptable

Le promoteur immobilier Carbonleo a présenté à la fin février une nouvelle vision du projet Royalmount. Bien que cette nouvelle version intègre certains éléments intéressants du point de vue environnemental (réduction de l’utilisation du gaz naturel, aménagement centré sur le piéton, certifications LEED, toitures vertes et boisé urbain), elle ne répond toujours pas à l’exigence minimale d’un développement durable, soit celle de démontrer son intérêt économique et social pour la région de Montréal.

Manquant terriblement de détails, cette nouvelle vision n’explique toujours pas en quoi le mégacentre commercial Royalmount se distingue de l’offre actuelle des centres commerciaux et artères commerciales de l'île. En l’absence de réponse, nous sommes portés à croire que l’essor de Royalmount se fera principalement aux dépens des commerçants de la région. Il se fera aussi aux frais des contribuables puisque la contribution de Carbonleo au financement des infrastructures et services de transport nécessaires au projet reste toujours extrêmement vague. 

Alors que le promoteur n’hésite pas à citer dans ses documents que le CRE-Montréal et ses partenaires ont été consultés, la nouvelle vision ne répond pas aux préoccupations principales soulevées par la communauté au cours des derniers mois. Les éléments présentés dans cette nouvelle version, sous forme d’une liste de principes vertueux, manquent cruellement de précisions et de détails quant à leur mise en application. Par exemple, lorsqu’il est question de tendre vers l’économie circulaire, on peut se questionner sur la proportion des aliments consommés qui seront produits sur le site, sur les moyens de circularisation de l’économie auxquels les locataires seront invités à s’associer ou sur la part de matériaux recyclés utilisée dans la construction. Une vraie réflexion sur l’économie circulaire aurait sans doute commencé par une analyse du potentiel industriel de cette zone dans des perspectives d’économie de proximité, d’écologie industrielle et du maintien d’une diversité de zones d’emplois accessibles en transport en commun sur l'île.

L’absence de préoccupation pour le logement social et abordable nous semble également incompatible avec la responsabilité sociale que nous sommes en droit d’attendre des développeurs immobiliers. En contexte de pénurie de logements abordables dans la région, la ville ne peut pas se développer selon l’intérêt unique des privilégiés. 

À la lumière de ces constats, nous en appelons une fois de plus à l’encadrement maximal du projet par la Ville de Mont-Royal et le gouvernement du Québec. Pour l’avenir, nous pressons la Communauté métropolitaine de Montréal et le gouvernement du Québec de se doter des outils nécessaires pour éviter le développement d’autres mégaprojets allant si clairement à l’encontre des objectifs de développement économique, social et environnemental de la région métropolitaine.

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