Secteur industriel de la Pointe-de-l’Île : l’avis du CRE-Montréal et de ses partenaires a été entendu

La Ville de Montréal a dévoilé au début du mois d’avril la synthèse du processus de consultation publique qui s’est déroulé de décembre 2019 à janvier 2020 au sujet de la Vision de développement économique du secteur industriel de la Pointe-de-l’Île (SIPI). Nous nous réjouissons du fait que nos recommandations, exprimées dans notre mémoire produit conjointement avec la Fondation David Suzuki et l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV), y trouvent une place importante.

En effet, au chapitre de la consolidation de la trame verte et bleue du SIPI, nous pouvons retrouver plusieurs de nos recommandations :

  • créer un vaste parc au sud de la Métropolitaine, en plus des trois grands espaces verts reconnus comme les noyaux de la trame verte du SIPI (l’écoterritoire du Ruisseau De Montigny, l’écoterritoire de la Trame verte de l’Est et du parc-nature du Bois-d’Anjou) qui sont tous situés au nord de la Métropolitaine;
  • mettre en valeur le golf d’Anjou comme une composante de la trame verte du SIPI;
  • continuer de protéger les sites aujourd’hui identifiés comme des « milieux naturels intérieurs protégés ou en voie de protection », notamment ceux dont le statut de protection est incertain en raison de dénominations contradictoires (certains terrains sont désignés à la fois « protégés » et « vacants »);
  • convertir certains terrains vacants en espaces verts, en parcs de grande dimension et en milieux naturels à régénérer, en prenant en considération leur potentiel de contribution à la qualité de vie humaine et leur valeur d’habitat et de corridor de dispersion pour des espèces menacées, vulnérables ou en voie de l’être (ex. : la couleuvre brune).

En plus des idées formulées ci-dessus, notre mémoire insistait sur deux autres points non moins importants :

  • dès l’étape de la planification territoriale, impliquer l’expertise scientifique et technique montréalaise concernée par l’écologie urbaine et l’aménagement du territoire, notamment la Fondation David Suzuki, l’IRBV et le Centre de la science de la biodiversité du Québec (CSBQ);
  • miser sur les phytotechnologies et s’assurer de les considérer à toutes les étapes du développement territorial et à toutes les échelles spatiales, pour divers usages complémentaires : connectivité et résilience écologiques, aménagement de zones tampons entre les secteurs industriels et résidentiels, gestion écologique des eaux, décontamination des sols, qualité des environnements de travail, implantation de boucles de valorisation de la biomasse, etc.

Contrairement à une certaine lecture des faits publiée par le Journal Métro le 17 avril, nous ne pensons pas que nos propositions s’opposent à celles des acteurs du développement économique de l’Est. La consolidation de la trame verte et bleue représente plutôt un levier d’attractivité et de résilience économique du SIPI, et un moyen d’améliorer la qualité de vie des travailleurs et des résidents de l’Est. Nous reconnaissons que sur certains sites, notamment sur les terrains vacants, des arbitrages devront être faits entre des visées de conservation et de développement économique; nos recommandations visent à fournir à la Ville une perspective et des considérations pouvant éclairer cet arbitrage, pour s’assurer d’accorder aux dimensions écologiques et sociales du développement durable la place qui leur revient.

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