Présentation de Ray-Mont Logistiques : Le dialogue qui doit se poursuivre

Le 27 avril dernier, dans le cadre d’une séance extraordinaire du Comité de milieu de l’Instance de concertation Assomption Sud - Longue-Pointe, la parole était donnée à Charles Raymond, directeur général chez Ray-Mont Logistiques (RML). Sa présentation n’a malheureusement pas rassuré les résidents des quartiers voisins concernant l'implantation des activités de Ray-Mont Logistiques dans le secteur, mais a le mérite d’avoir posé les bases d’un dialogue à poursuivre.

Les propos du directeur d’entreprise se résumaient, en essence, à ceci : « Le permis obtenu nous autorise à aller de l’avant avec un projet de développement économique ne comprenant pas de mesures de mitigation, mais notre souhait consiste plutôt à faire un projet « sexy » avec des aménagements attractifs et contribuant à la qualité de vie des riverains. C’est la Ville, par son silence, qui nous empêche d’améliorer le projet. » 

Les citoyens et les représentants d’organisations présents n’ont pas manqué de rappeler à M. Raymond que son projet pouvait être amélioré à travers le dialogue avec eux, sur l’instance de concertation même, et que la contribution de la Ville à ce dialogue n’est pas absolument requise à cette étape, puisque le permis tant attendu a été délivré et puisque, de toute façon, aucun projet concret d’aménagement n’est mis de l’avant par l’entreprise. « La Ville, c’est nous », ont rappelé certains citoyens.

Le CRE-Montréal a pu poser ses propres questions à M. Raymond. Nous souhaitions savoir ce qu’il advient des plans d’aménagement d’un talus et d’un bassin de rétention qui nous avaient été montrés lors d’une réunion de prise de contact en juillet 2018. Nous comprenons que ces aménagements étaient liés non pas au projet présenté en 2016 à l’arrondissement, en vue de l’obtention de son permis, mais bien au plan de réhabilitation de son terrain, approuvé en 2018 par le ministère de l’Environnement. Cette distinction étant bien comprise, nous voulions savoir si ces aménagements allaient être maintenus dans les nouveaux plans de l’entreprise. Nous n’avons pas pu obtenir de réponse claire à ce sujet, mais avons obtenu la confirmation que nous pourrions poursuivre le fructueux échange d’idées entamé en 2018.

À plusieurs reprises, les quelque 80 citoyenNEs et représentantEs d’organisations qui ont pu participer à cette séance ont tenté de formuler des propositions concrètes d’amélioration du projet : aménagement d’un talus, verdissement, mesures de mitigation des nuisances sonores, réalisation d’études d’impact environnemental, etc. À ces tentatives de bonification du projet, M. Raymond répondait systématiquement qu’il n’était pas tenu de les réaliser et qu’il ne pouvait pas améliorer son projet tant que la Ville n'acceptait pas de dialoguer. Malgré l’agacement qu’ont suscité les multiples répétitions de cette ligne de communication, les citoyenNEs présentEs ont, dans la très grande majorité de leurs interventions, gardé le cap sur l’esprit de dialogue et de collaboration souhaité à l’instance de concertation. 

Souhaitons que l’entreprise saisisse la main tendue par la population, car il s’agit sans doute pour elle du meilleur moyen de développer un projet socialement et écologiquement responsable et acceptable. Nous pensons également qu’il s’agit du moyen le plus efficace pour convaincre les représentantEs de la Ville de réintégrer le dialogue direct avec l’entreprise, en dépit de la nouvelle poursuite judiciaire.

En effet, rappelons que RML, qui est récemment ressorti vainqueur d’un jugement rendu en Cour d’appel, poursuit maintenant la Ville en dommages et intérêts pour 370 M$, pour compenser les pertes liées aux trop longs délais d’obtention du permis qui lui permet de réaliser son projet sur son terrain.

Enfin, nous avons vérifié l’information transmise par M. Raymond au sujet de la date d’expiration de son permis. Après vérification, RML a jusqu’en avril 2022 pour entreprendre les travaux sur son terrain, et idéalement jusqu’en octobre 2022 pour les compléter. Cela donne une idée de l’horizon de temps qui se déploie devant nous pour concevoir, en concertation, un projet socialement responsable et acceptable.

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