PGMR DE LA CMM : UN RECUL POUR L’ENVIRONNEMENT

Montréal, le 8 septembre 2003 – La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) veut maintenir le statut quo pour la gestion de ses déchets en refusant carrément de se conformer à la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008. Le Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) que le comité exécutif de la CMM a adopté le 3 septembre dernier n’en est pas un puisqu’il ne vise pas l’atteinte de 60 % de réduction des déchets à éliminer en 2008 tel qu’exigé clairement par la Politique. Le comité exécutif de la CMM propose dans sa résolution de reporter à 2013 les échéances pour l’atteinte des objectifs de réduction. Par ailleurs, en laissant les municipalités renouveler leur contrat pour cinq ans avec les entreprises qui s’occupent de l’élimination de leurs matières résiduelles, on maintient à toute fin pratique le statu quo et on retarde d’autant les changements de pratiques nécessaires pour la réalisation des objectifs de la Politique. Les signataires du Rebut Global ne peuvent donc en aucun cas avaliser le projet de PGMR que le comité exécutif de la CMM vient d’adopter.

Bien sûr, la version du PGMR endossée par la CMM parle des initiatives qui visent à favoriser la réduction à la source, le réemploi, le recyclage et le compostage, mais elles sont très générales et bien trop timides. L’enfouissement restera encore le mode de disposition des matières résiduelles le plus à l’honneur, justifiant ainsi le maintien pour les prochaines années des méga-sites d’enfouissement pêle-mêle ! On ne doit pas se le cacher : avec un taux actuel de récupération de seulement 15 % pour la CMM, il faut mettre les bouchées doubles pour qu’un véritable virage écologique soit pris dans le domaine de la gestion de nos déchets et que la grande métropole québécoise puisse rejoindre les rangs des grandes villes du monde qui ont pris un vrai tournant environnemental en cette matière. De nombreux exemples ailleurs démontrent qu’il est possible d’y arriver mais pour suivre ces modèles, il faut que les décisions politiques soient prises en ce sens. Or, c’est loin d’être le cas présent de la CMM.

Pourquoi la CMM a un tel manque de leadership au niveau de l’amélioration de notre qualité de vie et de la protection de l’environnement ? Que vont penser les autres MRC du Québec qui doivent aussi élaborer leur PGMR ? Pourquoi feraient-elles les efforts essentiels au respect de la Politique québécoise alors que la CMM, et donc la moitié de la population québécoise, refuseraient de les faire ? Dans ces conditions, c’est toute la Politique québécoise elle-même qui est mise en péril.

En conséquence, les signataires du Rebut Global réagissent :

  • Les signataires du Rebut Global demandent donc aux 63 maires et aux 34 présidents d’arrondissement (de Longueuil et de Montréal) de rejeter ce PGMR qui affecterait fortement l’évolution de la réduction et de la récupération pour plusieurs années à venir.
  • Les signataires du Rebut Global ont écrit au Ministre de l’environnement du Québec, monsieur Thomas Mulcair, pour qu’il intervienne par décret gouvernemental pour refuser aux municipalités la reconduction de leur contrat pour cinq ans, reconduction qui perpétuerait le statu quo: une reconduction d’une durée maximale d’une année en attendant que soit adopté par la CMM un vrai PGMR dans le respect de la Politique québécoise, de l’environnement et de l’équité régionale devrait permettre d’assurer la transition.
  • Les signataires du Rebut Global participeront activement aux consultations publiques sur le PGMR, continueront de sensibiliser la population et proposeront des actions qui viseront à réellement réduire, réutiliser, recycler et composter 60 % des déchets d’ici 2008 et ce partout sur le territoire de la CMM, en conformité avec la loi du Québec

- 30 -

Pour information :
Karel Ménard – Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets – 396-7883
Robert Perreault – Conseil régional de l’environnement de Montréal - 842-2890
Michel Séguin – Réseau des Ressourceries – 875-5869