RECYC-QUÉBEC : UN OUTIL ESSENTIEL DANS LA RÉDUCTION ET RÉCUPÉRATION DES DÉCHETS

Montréal, le 10 octobre 2003- Depuis quelques temps, nous sommes témoins dans divers médias des limites de la récupération et du recyclage. Les problèmes de rentabilité, de rejets et de viabilité d’entreprises tant privées que communautaires dans ces activités font actuellement le tour du Québec. Pourtant, la situation n’est pas nouvelle et aurait dû être corrigée depuis longtemps. Ce qui est nouveau, c’est de pointer du doigt Recyc-Québec comme responsable de cette problématique. Or, cette agence gouvernementale reçoit ses mandats et relève directement du ministre de l’Environnement, M. Thomas Mulcair. Les groupes environnementaux* constatent que, depuis son élection, le Ministre reste silencieux par rapport aux outils qu’il entend mettre en place pour atteindre les objectifs de réduction et de récupération des matières résiduelles tels qu’énoncés dans la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles. Tant que le Ministre et son gouvernement ne se prononceront pas sur leurs intentions, nous allons continuer à improviser et à vivre des situations difficiles.

Le rôle de Recyc-Québec est important

Depuis quelques années, Recyc-Québec a été un important agent de développement de technologies de réutilisation des matières récupérables et de développement de débouchés pour ces matières. Cette expertise doit être maintenue et renforcée afin d’assurer la faisabilité économique du recyclage. Recyc-Québec est aussi un élément incontournable pour arriver, en partenariat, à sensibiliser la population et à outiller, financièrement et en accompagnement, tous les acteurs des secteurs public, privé et communautaire. Recyc-Québec représente de ce fait un élément important pour assurer la réalisation des objectifs de réduction et de récupération.

Les instances municipales ont l’obligation de se doter actuellement de nouveaux plans de gestion de matières résiduelles en vue de respecter l’atteinte des objectifs. De plus en plus d’entreprises sont invitées à indiquer comment elles vont investir dans les solutions de récupération des matières résiduelles qu’elles produisent. Toutes les régions du Québec ont soit des installations, soit des projets novateurs issus des groupes environnementaux et des ressourceries afin d’atteindre les objectifs. Recyc-Québec a un rôle de coordination et de suivi de tout ce travail.

Il est important de se rappeler que le Parti libéral du Québec avait endossé le Plan d’action des matières résiduelles 1998-2008 mis de l’avant par le gouvernement précédent. Les objectifs, en quelque sorte des promesses gouvernementales, avaient fait l’unanimité politique. C’est au ministère de l’Environnement de mettre en œuvre les modalités afin que les solutions d’une gestion écologique des matières résiduelles se matérialisent telles que prévues.

Le ministre de l’environnement doit faire preuve de leadership en matière de gestion écologique des matières résiduelles.

Le Ministre doit dire très clairement comment il entend mettre en application le principe de pollueur-payeur afin de générer les fonds nécessaires pour investir dans la protection de l’environnement et l’atteinte des objectifs de réduction et de récupération des matières résiduelles tel que promis. Les lois et les règlements en appui de ces objectifs et de ces promesses doivent être promulgués dès maintenant.

Actuellement, les coûts environnementaux, sociaux et économiques de l’enfouissement et de l’incinération favorisent surtout la pollution et les multinationales des déchets. Nous avons besoin de faire en sorte que les bénéfices environnementaux, sociaux et économiques de la réduction et de la récupération des matières résiduelles soient beaucoup plus intéressants pour les décideurs. Il faut faire en sorte que la pollution et les mégaincinérateurs et mégadépotoirs soient progressivement éliminés en faveur des solutions mises de l’avant par les municipalités, les entreprises, les groupes environnementaux et les ressourceries qui sont à la fine pointe de la réduction et de la récupération.

Jamais il n’a été aussi important que le ministre de l’Environnement fasse preuve de leadership en matière de gestion écologique de nos matières résiduelles. Conséquemment, il doit donner, tant aux citoyens qu’aux municipalités, tant aux ressourceries qu’aux groupes environnementaux, tant aux industries qu’aux institutions, et aussi à Recyc-Québec, les outils nécessaires afin de réaliser les objectifs et les promesses de son gouvernement.

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Pour information :
Karel Ménard – Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets 396-2686
Robert Perreault - CRE-Montréal 842-2890 poste 222
Michel Séguin – Réseau des Ressourceries 875-5869

* Groupes environnementaux signataires de ce communiqué :

  • Centre de recherche et d'éducation à l'environnement régional (CRÉER)
  • Équiterre
  • Greenpeace
  • Les signataires du Rebut Global (plus de quatre-vingt groupes – voir liste ci-dessous)
  • Regroupement national des Conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ)
  • Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)
  • Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN)
  • Vivre en Ville