Le Plan métropolitain d’aménagement et de développement doit intégrer un objectif de réduction de la circulation automobile

Montréal, le 2 décembre 2011 - Le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal), Nature-Québec, l’Association Canadienne des Médecins pour l’Environnement (ACME) et Équiterre demandent à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) d’adopter pour 2020 un objectif de réduction de 20 % de la circulation automobile en période de pointe du matin dans le plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD). Les organisations considèrent cet objectif crucial pour assurer à long terme un aménagement du territoire qui répondra tant à une meilleure qualité du milieu de vie, qu’à une optimisation de la gestion de l’espace, qu’aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du gouvernement du Québec et de la ville de Montréal soit - 20 % et - 30 % d’ici 2020 par rapport à 1990.

Selon Coralie Deny, directrice générale du CRE-Montréal, «si l’on veut vraiment bâtir un milieu de vie de qualité pour la région métropolitaine, il faut absolument inverser la tendance du tout à l’auto et donc se doter d’un objectif de réduction de 20 % de la circulation automobile en période de pointe du matin. La CMM détient ce pouvoir avec le PMAD qu’elle doit adopter dans quelques jours. En donnant ce signal clair à ses 82 municipalités, la CMM participerait véritablement aux efforts d’aménagement durable. D’autres grandes villes le font, pourquoi pas nous ?»

À titre d’exemple, les régions métropolitaines de Portland et de Seattle ont des objectifs de réduction du nombre de kilomètres-personne parcourus et du nombre de déplacements automobiles et la région métropolitaine de Vancouver a un objectif de réduction des parts modales de l’automobile en période de pointe du matin.

Pour Christian Simard, directeur général de Nature Québec, «si nous continuons à accroître le nombre de déplacements effectués en automobile, nous allons tous subir une augmentation des impacts négatifs qui y sont liés ; au niveau environnemental (émissions de GES, de polluants atmosphériques, de consommation d’énergie et d’espace), au niveau social (création de barrières, bruit, impacts sur la santé) et économique (congestion, coût par déplacement, coût en infrastructures etc.). Ce n’est pas un modèle de développement viable.»

Le domaine de la Santé publique appuie

Les cinq Agences de la santé et des services sociaux (ASSS) de la région métropolitaine de Montréal l’ont bien exprimé dans leur mémoire sur le projet de PMAD et ont établi un lien clair avec la santé publique, Selon elles, l’augmentation du parc automobile, du nombre de déplacements et des distances totales parcourues en automobile expose l’ensemble des usagers de la route (conducteurs, passagers, piétons, etc.) à une probabilité accrue de collision, de blessures et de décès. Il importe d’abord de contrôler l’exposition au risque automobile par des politiques de transport et d’aménagement urbain, autrement dit, par une stratégie qui attaque le problème à la source en réduisant le nombre d’automobiles. Il est reconnu que le taux de mortalité par passager-kilomètre est 20 fois moins élevé en transport collectif qu’en automobile.

Le Dr Éric Notebaert, de l’Association Canadienne des Médecins pour l’Environnement, rappelle que « la circulation automobile intense dans nos villes est directement responsable d’une augmentation importante des maladies cardiaques (angine – infarctus) et pulmonaires (asthme), d’une hausse des cancers du poumon, d’un risque plus élevé de donner naissance à des bébés de petit poids chez les femmes qui vivent à proximité des autoroutes. Enfin l’automobile contribue à la formation d’ilots de chaleur et entraîne une hausse de mortalité chez une population particulièrement vulnérable en ville. »

Les politiques gouvernementales sont d’accord

Les politiques gouvernementales adoptées au cours des dernières années vont dans le même sens : diminuer l’emprise de l’automobile. Le Cadre d’aménagement et orientations gouvernementales de la région métropolitaine de Montréal souhaite susciter et soutenir une forme urbaine visant une réduction de l’utilisation de l’automobile, en plus d’intégrer, dans le cadre des actions en transport, des cibles précises de réduction de l’usage de l’automobile et des nuisances causées par la circulation routière en milieu résidentiel, en plus d’inciter les municipalités à se doter de règles et moyens d’aménagement en conséquence. Le Plan de transport de l’agglomération de Montréal mentionne quant à lui que « l’atteinte des objectifs du Plan de transport, au chapitre des déplacements par mode, entraînerait une diminution de 20 % des déplacements en automobile à destination de Montréal en période de pointe par rapport aux déplacements anticipés en 2021 ».

« Le gouvernement du Québec s’est engagé à diminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Sans des efforts importants dans le domaine des transports qui représente 43 % des émissions totale, il n’y arrivera pas. Bien que la dernière Enquête Origine-Destination couvrant la période 2003 à 2008 ai montré des résultats encourageants, soit une hausse des déplacements en transport collectif, la circulation continue à croître. Or, il faudra inverser cette tendance dans les plus brefs délais. Le PMAD doit être cohérent avec cet objectif. souligne Sidney Ribaux, directeur général d’Équiterre.

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Renseignement :
Émilie Boisvert-Croteau
CRE-Montréal
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