Élections municipales: les dossiers prioritaires de la nouvelle administration

Montréal @Bruno Cowan

Le 7 novembre, comme partout au Québec, les Montréalais.es ont choisi les élu.es qui vont les représenter pour les quatre prochaines années. Le CRE-Montréal tient à féliciter les personnes nouvellement élues ainsi que celles qui ont vu leur mandat reconduit. Notre organisme tient à réitérer sa volonté d’être un partenaire de l’administration pour faire de Montréal un milieu de vie résilient, à échelle humaine et plus vert. 

On le sait, l’urgence d’agir est là et le temps est à l’action. Les quatre prochaines années devront se traduire par des gestes forts et des transformations importantes, tangibles et structurantes en faveur d’une réelle transition écologique juste et solidaire. L’administration ne pourra y arriver seule, c’est l’ensemble de la société civile qui devra se mobiliser et s’engager concrètement.

Au cours du dernier mandat, l’administration montréalaise a adopté une série de plans et politiques et a amorcé plusieurs grandes démarches de planification. Le programme électoral de Projet Montréal reposait d’ailleurs en grande partie sur ces documents de référence (Plan climat, Projet de ville, Vision zéro, Plan directeur de gestion des matières résiduelles, Plan d’action forêt urbaine). 

Pour ce premier bulletin post-électoral, nous avons choisi de faire un tour d’horizon des principaux dossiers que le CRE-Montréal entend suivre au cours des quatre prochaines années et qui seront à nos yeux les plus déterminants pour accélérer la transition écologique. Pour ce faire, nous avons analysé les engagements électoraux de Projet Montréal, parti qui a obtenu la majorité des postes au sein de l’administration. 

Concrétiser le Plan d’urbanisme et de mobilité 
Le Projet de ville présenté en juin dernier pose les bases d’un Plan d’urbanisme et de mobilité ambitieux et intégré. Les prochains 4 ans devront conduire à la concrétisation de la vision portée par ce document en un plan de transformation de la ville aux coudées franches et dans lequel la population se reconnaît.

Les consultations à venir seront un moment déterminant pour assurer l’adhésion de la collectivité montréalaise à la vision et son engagement à passer concrètement du rêve à la réalité. Une réalité où nous devrons réduire nos émissions de GES de 55% en 10 ans, où nous devrons composer avec des transformations majeures dans les façons de consommer, de travailler, de se déplacer, une réalité où nous devrons trouver de nouvelles façons de préserver la mixité sociale dans une ville aux grands besoins de logements et au territoire limité.

Poursuivre le développement des transports collectifs
Les projets de transport collectif essentiels identifiés dans la plateforme de Projet Montréal sont d’une importance capitale alors que Montréal doit, selon l’ARTM, relever son offre de transport en commun de 60% pour atteindre ses cibles de réduction de GES. 

Pour assurer l’intégration harmonieuse et la complémentarité souhaitées, Montréal devra peser de tout son poids pour ramener une saine gouvernance de la planification des transports dans la région de Montréal. Les défis sont importants et le risque d’échec est grand, notamment en ce qui a trait à l’implantation controversée du REM de l’Est et à la planification stratégique de l’ARTM, récemment refusée par Québec. Un travail de fond s’impose.

Lancer une grande opération de 60 000 logements abordables pérennes 
L‘abordabilité de l’habitation est un enjeu qui glisse de plus en plus des domaines du développement social et économique vers celui de l’environnement. Les prix montent et les forces du marché poussent les ménages à quitter la ville pour s’établir de plus en plus loin en périphérie, ce qui risque d’annuler l’effet des mesures de mobilité et d’aménagement durables de Montréal. Les actions prévues suffiront-elles à limiter la surchauffe? Les autres paliers de gouvernement seront-ils au rendez-vous?

Planifier et ouvrir le réseau de parcs
Les promesses en matière de développement des parcs sont nombreuses et elles auront un impact déterminant sur la qualité de vie en ville, la résilience de nos milieux de vie, le maintien de la biodiversité et les services écosystémiques. La liste des dossiers en cours et à venir est longue et témoigne de la nécessité d’agir de façon équitable pour assurer un accès à la nature à l’ensemble de la population tout en contrant les pertes de biodiversité et les multiples pressions sur les rares milieux naturels de l’île de Montréal. 

Parmi les dossiers à suivre au cours des prochains mois, soulignons la création d’un Poumon vert dans l’Est et l’agrandissement du parc-nature du Bois d’Anjou, la mise en oeuvre du Plan directeur 20-30 du parc Jean-Drapeau, l’agrandissement du parc-nature des Sources et la protection du golf Dorval. Ici aussi, les paliers de gouvernement du Canada et du Québec devront être des alliés pour Montréal. 

Bonifier l’accès aux berges et consolider les corridors verts
Notre lien à l’eau doit être renforcé et c’est dans cette perspective que des actions sont annoncées afin d’améliorer l’accès aux berges. Nous attendons avec impatience les premiers gestes en vue de la création du parc riverain de Lachine et espérons que d’autres projets de cette nature verront le jour. Ces projets locaux sont complexes mais moins que ceux des corridors verts qui passent par une collaboration entre de multiples parties prenantes (arrondissements, ville de Montréal, propriétaires privés et institutionnels). Une véritable stratégie impliquant la société civile pourrait faire la différence dans ce dossier comme l’a montré l’expérience de la campagne ILEAU coordonnée par le CRE-Montréal dans l’est depuis 2015. 

Électrifier les immeubles résidentiels
Vers 2045, l’ensemble des voitures seront électriques. Il est donc urgent d’arrêter de construire des immeubles qui ne seront pas capables de recevoir les équipements de recharge facilement. Un règlement est déjà suggéré depuis un an par Hydro-Québec et l’AVÉQ et son adoption nous apparaît être un bel objectif à faible coût pour l’an 1 du présent mandat.

Poursuivre le développement du réseau cyclable
Le Réseau express vélo (REV) a changé la donne en matière de qualité d’infrastructure cyclable. Sa popularité n’est plus à démontrer alors que le REV Saint-Denis a enregistré son millionième passage à peine 10 mois après son ouverture. Il faut poursuivre en ce sens et garder le rythme. Le CRE-Montréal surveillera tant le nombre de kilomètres mis aux normes que ceux ajoutés au réseau.

Diminuer le gaspillage alimentaire
La mise en œuvre du Plan directeur de gestion des matières résiduelles sera au cœur des prochaines années. Au-delà de l’atteinte de la cible de diminution de 50% de déchets enfouis en 2030, nous serons très attentifs à l’atteinte des objectifs intermédiaires du Plan, entre autres au niveau du gaspillage alimentaire (-50% d’ici 2025). 

Un soutien aux CPE
Pour une parentalité sans voiture, le CPE ou l’école doivent être à proximité. Bien qu’elle ait fait couler moins d’encre que d’autres mesures pour la famille, la stratégie promise pour faciliter le développement de CPE notamment dans le cadre de projets de logements sociaux est une mesure à surveiller pour son impact tangible sur l’indépendance à la voiture et la qualité de vie des familles.

Humaniser le secteur de l’autoroute Métropolitaine 
Les portions surélevées de l’autoroute Métropolitaine qui subiront une grande réfection sont un symbole et un concentré des problématiques résultant du développement de la ville pour la voiture. Les actions mises en œuvre pour humaniser le secteur et limiter les impacts du chantier illustreront le sérieux accordé à toutes les autres portant sur la gestion des chantiers. Nous surveillerons aussi la volonté de créer une unité de recherche et de développement pour l’adaptation et la résilience, Infra Montréal Vert qui pourrait jouer un rôle important en regard des objectifs poursuivis par le CRE-Montréal dans l’Alliance pour l’innovation dans les infrastructures urbaines de mobilité (ALLIIUM).

Il n’y a pas de doute, la population montréalaise a choisi une administration aux ambitions importantes et dont les propositions correspondaient en bonne partie aux demandes électorales formulées par le CRE-Montréal. Le défi réside maintenant dans la concrétisation de ces promesses, à commencer par celles qui auront le plus d’impact. Comme toujours, le CRE-Montréal, comme acteur de concertation et promoteur d’idées novatrices pour l’environnement, poursuivra sa collaboration avec la Ville de Montréal et l’ensemble des élus.

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