Le Golf d’Anjou s’invite dans la campagne municipale

Le Golf d’Anjou

Suite à la diffusion d’un reportage au téléjournal de Radio-Canada le 14 septembre dernier, le CRE-Montréal veut tendre la main aux différents candidat.e.s à la mairie de Montréal, pour partager avec eux sa connaissance du dossier du golf d’Anjou et les aider à se faire une opinion éclairée sur le sujet.

Les acteurs municipaux ont intérêt à savoir que la contamination n’est peut-être pas un enjeu aussi important qu’on serait porté à le croire. C’est la partie sud du golf, déjà en cours de développement industriel, qui accueillait jadis une raffinerie. La partie nord du golf, quant à elle, s’étend sur d’anciennes terres agricoles. Il serait avisé d’y mener des études pour établir la présence de contaminants, ce qui ne nous semble pas acquis. 

De plus, il existe un cadre normatif bien établi qui indique quels contaminants et quelles concentrations sont admis dans le cas d’un parc. En-deçà de certains seuils, la présence de certains contaminants n’est pas incompatible avec un usage « parc ». En outre, d’innombrables précédents locaux et internationaux prouvent la possibilité de transformer un site pollué en parc : pensons simplement au fantastique parc Frédéric-Back, aménagé sur le site d’un ancien dépotoir, où les activités récréatives cohabitent très bien avec la captation des biogaz. Cela en fait une vitrine de grande valeur pour le génie montréalais. Dans le cas d’Anjou, s’il s’avérait que le sol ou les plans d’eau du golf étaient contaminés, on pourrait potentiellement mettre en valeur l’expertise montréalaise en phytotechnologie et phytoremédiation par des aménagements évoluant au fil de la filtration, de la dégradation ou de la captation des polluants. Qui plus est, des expériences menées dans l’Est de Montréal démontrent qu’il est possible de valoriser la matière végétale utilisée pour décontaminer les sols. 

Cette complémentarité entre nature et développement économique est très bien exprimée dans le document de vision proposé pour le secteur industriel de la Pointe-de-l’Île (SIPI) : la première orientation de cette vision consiste à « intégrer les ressources paysagères et les espaces verts en une trame verte et bleue ». Soulignons que cette vision résulte d’une démarche concertée des services municipaux, d’arrondissements (dont Anjou) et d’une foule d’acteurs de tous horizons, incluant les plus grands acteurs du développement économique de Montréal.

Ainsi, l’idée de convertir en parc la partie restante du golf d’Anjou, loin d’être saugrenue, s’inscrit parfaitement dans une vision de développement durable et constitue une manière astucieuse de :

  • contribuer à la santé et à la qualité de vie des employés, employeurs et autres usagers des territoires à développer, ainsi qu’à celle des résidents des milieux de vie environnants;
  • conserver l’attrait et rendre encore plus attrayants les parcs d’affaires situés à proximité;
  • aménager une zone tampon directement au sud des fragiles écosystèmes du parc-nature du Bois-d’Anjou;
  • faciliter l’accès au public du parc-nature du Bois-d’Anjou, inaccessible depuis 30 ans;
  • pallier le déficit criant de grands espaces verts facilement accessibles à la population de l’arrondissement d’Anjou, une priorité en contexte d’urgence climatique et de pandémie. 

L’annexion du Golf métropolitain d’Anjou au parc-nature du Bois-d’Anjou fait partie des demandes que nous avons adressées à l’ensemble des candidat.e.s aux élections municipales. Il nous fera plaisir de partager encore plus d’éléments de notre vision avec celles et ceux qui le souhaitent.

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