Défis et pistes d’actions pour la protection des milieux naturels à Montréal

Le récent rapport du vérificatrice générale de juin 2020 consacre une section importante à la protection des milieux naturels et présente une analyse détaillée de la stratégie de la Ville de Montréal pour l’atteinte de l’objectif de protection de 10 % du territoire terrestre inscrit dans le Schéma d’aménagement et de développement.

Outre des données qui permettent de mieux saisir l’état de la situation actuelle, le rapport met en lumière plusieurs éléments importants. On apprend qu’actuellement 6,1 % du territoire terrestre de l’île de Montréal est protégé. Des efforts importants sont donc nécessaires pour atteindre la cible de 10 %. Le 3,9 % représente en effet une superficie de plus de 1 900 ha de terrains à protéger. Cette cible est cependant loin d’être inatteignable alors que le rapport souligne que le potentiel identifié (milieux protégés et protégeables) par le Service des Grands Parcs est de 12,9 %. Nous pourrions connaître une avancée majeure dans les prochains mois advenant l’attribution par le Ministère de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques du statut de paysage humanisé pour le secteur ouest de L'Île-Bizard. Les 1000 ha du territoire du paysage humanisé porterait alors la part du territoire protégé à 8 %.  

Bien que les budgets du Service des Grands parcs soient en augmentation et que plusieurs acquisitions d’importance ont été réalisées ces derniers mois, il apparaît clairement que Montréal ne pourra assumer à elle seule les coûts associés à l’acquisition de nouveaux terrains. Comme récemment dans le cadre de la consolidation du Grand parc de l’Ouest et le soutien du gouvernement du Canada, les autres paliers gouvernementaux ont un rôle à jouer dans l’atteinte de la cible. 

Le rapport souligne également le rôle des arrondissements dans l’atteinte de l’objectif avec la protection des parcs locaux ayant une valeur écologique importante, ce qui renforce l’importance d’une communication régulière entre les différentes entités municipales. 

Mais il ne suffit pas de protéger les terrains, il faut assurer leur pérennité. Dans ce sens, le rapport rappelle l’importance de se doter des outils et des budgets adéquats afin d’assurer le suivi de la qualité écologique des milieux protégés. Ces données sont en effet essentielles pour mettre en place les mesures nécessaires à la bonne santé des écosystèmes. Or, actuellement, plusieurs parcs n’ont pas fait l’objet d’une mise à jour ou d’une réalisation de plusieurs inventaires. 

Nous allons suivre avec attention la façon dont la Ville de Montréal et les arrondissements vont donner suite à ces recommandations. En particulier, et comme nous l’avons réclamé à plusieurs reprises, une mise à jour annuelle de l’état d’avancement nous apparaît importante alors que le plus récent bilan publique de la politique de protection et de mise en oeuvre des milieux naturels date de 2013.

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